Et vous que faisiez-vous le dimanche à 15 ans ?

Dimanche, jour de match !

C'était en 1974, je n'avais pas encore tout à fait 15 ans et à l'heure où la plupart découvrent les filles et le mystère des sentiments amoureux, moi je découvrais le football et les non moins mystérieuses techniques du tir de l'extérieur du pied, des reprises de volley, de l'amortie de la poitrine et de la conduite de balle. Il faut dire que c'était l'époque du grand Ajax d'Amsterdam et de son joueur de légende, mon idole Johan Cruyff numéro 14 sur le terrain mais numéro 1 dans mon cœur encore aujourd'hui. Et puis cet été là avait eu lieu la coupe du monde de football en Allemagne, on le sait perdue par la Hollande contre la RFA, c'était la première fois que je regardais une coupe du monde à la télévision et j'avais je l'avoue, été vraiment triste de l'issue de cette finale. Heureusement pour pallier à la passivité du jeune spectateur que j'étais, nous avions formé une équipe de quartier dont le plus jeune avait 8 ans et le plus âgé peut être 17, équipe hétéroclite s'il en est mais passionnée puisque nous nous retrouvions tous les dimanches après-midi sur un terrain qui se trouvait à cinquante mètres à peine de la zone pavillonnaire où nous habitions.

Il nous suffisait d'entendre le bruit du cuir, la frappe de balle caractéristique des premiers arrivés sur le terrain pour se mettre en tenue et accourir un à un pour retrouver nos partenaires. C'était une joie simple de partage, de plaisir du jeu, de sport tout simplement, je ne dis pas qu'il n'y avait pas un peu de compétition et de jalousie quand nous effectuions le tirage au sort des équipes et que les deux capitaines, j'étais l'un d'eux, choisissaient les joueurs car c'était, je le reconnais assez cruel pour les derniers choisis, mais nous nous connaissions depuis l'enfance et quand le match commençait tout était oublié, il n'y avait plus que le jeu et nous savions apprécier un geste technique ou un joli but même de l'adversaire d'un jour.

Quelquefois toute l'équipe se reconstituait car nous avions à relever le défit de jouer contre une autre équipe des cités proches de chez nous et qui voulez nous affronter, alors l'unité faisait corps et nous rassemblions notre effectif pour aller les rencontrer et jouer c'est arrivé plusieurs fois sur un vrai terrain, eux équipés de maillot et de chaussures à crampons, nous avec notre enthousiasme et notre cohésion, je crois me souvenir que nous n'avons jamais perdu mais peut être que j'embellis l'histoire de cette équipe de quartier qui se retrouvait le dimanche sur son petit terrain rue du Bois-Jacques à Eaubonne dans le Val d'Oise.

Christian 60 ans



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