Jour 5 de résidence : vendredi 27 mars 2020 / les hauts et les bas


Il y a le cocon

le rythme de l’écriture

les habitudes

l’inspiration.

Ca s’installe.

Les écrans

les actualités

les chiffres

les appels.

Je résiste.

Je lis.

Je note.

Je fabrique.

Il doit bien y avoir deux ou trois mots au fond du puits.

Je cherche

et je creuse

et je cherche encore.

Je trouve.

Et comme un poisson trop petit

je le rejette à l’eau

le mot.

Et j’en trouve un autre.

Et ainsi je recommence.

J’accepte de voir le monde s’éloigner

et de passer ma journée à chercher le mot

quand les autres la passe à soigner la vie.

L’égoïsme

de couper le téléphone

de moins penser à ceux et celles qui sauvent

d’oublier un instant le mal.

Et quand je lève la tête du clavier

un chevreuil détale juste là

il traverse le jardin

sous mes yeux.

Nous sommes si près l’un de l’autre.

C’est comme si j’étais rentrée à la maison.

Je me crois protégée du chagrin.

Et il suffit d’un message.

Et ça se fissure à nouveau.

Une nouvelle prévisible

tout en ne cessant d’espérer qu’elle n’arrive pas.

Elle s’ajoute aux autres.

Et les coutures lâchent

remplissent d’émotions le milieu fragile.

Je tente d’écoper avant le naufrage.  

Je suis remontée à la surface de mon puits

et je crache quelques tristesses sur les écrans amis

et je retourne dans le monde

et derrière mon masque

je parle avec la caissière

pendant que je remplis le frigo.

Les hauts et les bas d’une résidence ?

Un peu plus hauts

les hauts.

Un peu plus bas

les bas.

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