Comme une envie !

Développement durable : Comment le capitalisme se l'est approprié (1 avril 2020)

Dans les années 1990-2000, le concept de développement durable est arrivé dans nos contrées. C'était une vraie réflexion, une belle initiative qui questionnait nos modes de vies, notre consommation, nos façons d'habiter, nos modes de déplacement, notre environnement, l'écologie. Nous avons été nombreux à sauter sur cette initiative pour imaginer des projets cohérents et plus écologiques. En Bretagne, ce concept a été porté, entre autres, par Jean-Claude PIERRE et l'association Nature et Culture basée à Lorient. Cette association a fait un travail remarquable sur la ville de Lorient qui a réfléchit à sa gestion de l'eau en travaillant sur les fuites des réseaux d'eau potable et la récupération d'eau de pluie sur des bâtiments collectifs. Beaucoup d'élus s'y sont intéressés. Certains ont participé à un des voyages d'étude dans la ville de Fribourg en Allemagne qui est très avancée sur la consommation énergétique des batiments,les maisons à énergie positive, les déplacements doux (vélos). Au cours d'un de ces voyages auquel j'ai participé, élus, architectes, techniciens de communautés de communes étaient très intéressés. Mais, au retour, la réflexion essentielle à été : "C'est super ce qu'ils font, mais chez nous c'est compliqué". Et les modes de construction ou de gestion des espaces n'ont pas changés ou très peu. Même si grâce à certains élus hyper courageux, nous avons vu fleurir quelques lotissements écologiques super chouettes et autres projets écologiques. En fait, le capitalisme s'est approprié ce concept et l'a mis à toutes les sauces : Une entreprise va se venter de faire du développement durable en mettant un peu de bois sur le bardage de son bâtiment, une autre va mettre trois malheureux panneaux photovoltaïques sur un toit, une autre encore va installer un petit récupérateur d'eau de pluie. Derrière ces actions, c'est la communication, l'image de l'entreprise ou de la commune qui prend la place de l'action réelle. C'est comme ce nouvel outil de communication qui est encore plus dangereux : Le green-washing. Des entreprise et surtout les plus grosses, vont acheter par des actions environnementales (plantation d'arbres), leur droit à polluer. Il est temps de refuser tous ces concepts qui n'ont qu'un atout, celui de permettre au capitalisme de continuer à vivre sans scrupules. Alors, soyons citoyens de notre planète, ne cautionnons pas ces démarches et essayons plûtot d'initier nos élus et nous tous à réfléchir davantage à l'impact de tous nos gestes quotidiens sur notre terre.

"Tandis que la planète est chaque jour dépecée de ses forêts,écumée de ses poissons, que la terre nourricière est détruite,que la nature est empoisonnée de mille manières, le tambourin du développement durable raisonne partout et entretient dangereusement l'illusion" Pierre Rabhi

Pour aller plus loin : Association BRUDED, Association SOS Maires

Gestion de l'eau et toilettes sèches (1 avril 2020)

L'eau c'est la vie : Elle compose il me semble 80% de notre corps et est présente dans tous les organismes vivants. Mais, tellement l'accès à cette eau est facile pour nous sociétés modernes, nous n'avons plus la mesure de son importance. Les habitants des pays pauvres savent que cette denrée est précieuse et qu'il est important de ne pas la gaspiller! Notre utilisation intensive de l'eau pour nos besoins essentiels mais aussi pour nos usines, pour notre agriculture, pour nos loisirs nous conduit, à cours terme, à une réduction forte des ressources en eau en quantité mais aussi en qualité. Pour preuve, un article dans la revue Reporterre ("A Vittel, Nestlé privatise la nappe phréatique"; 26 mai 2018) expliquait que les investisseurs-spéculateurs s'intéressent de plus en plus à l'eau. Ils souhaitent la privatiser au maximum pour pouvoir spéculer. Une denrée qui se fait rare, devient chère. Pour atténuer cette dépendance à l'eau, qui devrait être un bien commun non marchant, il serait bon que les communes reprennent à leur compte la gestion de l'eau. Et nous, en tant que citoyen, une piste s'offre à nous : Installer des toilettes sèches chez soi !! Dans un foyer, la consommation d'eau potable pour alimenter nos toilettes représente 30 à 50% de notre facture d'eau. C'est énorme !! Nous avons la solution, au moins pour tous ceux qui ont la chance d'avoir un bout de jardin. Les toilettes à litière biométrisée (TLB) sont d'une installation toute simple, l'achat de toilette sèche toute faite est aussi facile. Allez voir sur le site de Lécopot, tout y est indiqué. L'important dans ce choix est de bien organiser le compostage de ces matières fécales et de ces urines. Il est essentiel que notre compost monte en température pour éliminer les agents pathogènes. De plus, mais c'est très bien expliqué chez Lécopot, le temps de compostage pour une utilisation dans le jardin est idéalement de deux ans pour éviter tout risque. N'ayons pas peur d'installer ce système chez soi. C'est un acte militant très fort qui au delà de diminuer notre consomation d'eau, il évite d'engorger nos systèmes d'épuration (individuels ou collectifs) qui parfois ne fonctionnent pas au mieux. Les risques de pollution de l'eau en sortie d'épuration par des agents pathogènes sont avérés. Ne laissons pas à la collectivité le soin de gérer comme elle peut un soi-disant déchet qui au contraire peut devenir un véritable trésor pour notre terre si nous prenons soin de bien le composter. N'attendons pas les autorisations, les lois pour ce genre d'acte. Pratiquons à notre niveau, la désobéissance civile !

Une proposition de livre : "Un petit coin pour soulager la planète"

Eloge de la kerterre et des habitats légers (4 avril 2020)

Kerterre : Quel drôle de nom pour cet habitat léger qui existe en France et ailleurs. Vous connaissez plus les yourtes, tiny-house, roulottes et cabanes, toutes ces habitations qui font partie des habitats légers. La Kerterre a été mise au point par Evelyne Adam, à Plomeur dans le sud finistère. Cette conception d'habitat circulaire est réalisé uniquement avec de la chaux et des fibres de chanvre. Aucune ossature, aucune structure de support. C'est la forme du dôme qui fait la structure. Avec le temps, la chaux carbonate et devient dûr comme de la pierre. Il faut très peu de matériel pour sa réalisation et le coût est faible (entre 5 et 9000€). C'est sûr, cela ne vaut pas une maison de 100 m2. Mais il s'agit d'un choix de vie. Le mode de vie Kerterre est le fruit de 20 ans de recherche réalisée par Evelyne Adam. C'est un mode de vie permettant l'intégration totale de l'Humain dans la nature. C'est un mode de vie à "Impact bonifiant", tout l'inverse de l'impact de beaucoup de nos gestes et de nos modes de vie. Une Kerterre est une construction qui associe discrétion dans le paysage et présence concrète de son habitant qui améliore son environnement par ses actes de tous les jours. C'est pourquoi, associé à la Kerterre, Evelyne Adam développe le Jardin d'abondance.Ce "Jardinjungle" est une forêt nourricière où fruitiers et légumes sont associés aux plantes sauvages. Réalisé sans effort, ce jardin d'abondance est aménagé par des gestes quotidiens. Beaucoup ont fait le choix de l'habitat léger ou de petites habitations pour éviter les investissements trop lourds. C'est avant tout un choix de vie pour nous alléger matériellement et pour être plus en connexion avec la nature. C'est une démarche écologique d'importance quand nous savons que les constructions nécessitent des quantités de sable énormes, un autre désastre planétaire (voir article Reporterre du 26 avril 2018 "le sable : Une ressource en voie d'épuisement") Nous sommes requestionnés sur nos façons d'habiter dans les pays riches. Il est urgent de regarder avec un oeil neuf tous ces projets d'habitats différents qui sont l'avenir de notre planète car ils nécessitent peu de matériaux de construction. Les matériaux sont en général renouvelables et facile à trouver. Tout au moins en ce qui concerne les yourtes, les kerterre et les cabanes. Les roulottes et les tinyhouse nécessitent des matériaux plus industrialisés donc plus couteux et plus impactants sur l'environnement. Ce qui pourrait être questionné est certainement nos modes d'habitat et l'impact carbonne des matériaux que nous utilisons. La Kerterre est, à mon avis, l'habitat le plus bonifiant pour notre terre. Certes, il n'est pas très grand mais il est, de par sa forme et son implantation dans l'environnement, une source de bien-être et de juste place de l'humain sur cette terre.

Pascal-Yves BENIS Plouézec (Côtes d'Armor)

Si vous voulez visiter une Kerterre, faire un stage, une formation; Rendez-vous sur le site KERTERRE infokerterre@gmail.com 02.98.10.58.43

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